Ce que vous Ignorez sur l'Histoire du Collant (et de son obsolescence programmée)

Le collant le plus vieux du monde a plus de 2000 ans. Il a été découvert par des archéologues, dans la tombe d’une noble et riche femme égyptienne.

Déjà à l’époque, les bas étaient plutôt sophistiqués : talon ajusté et cordon de serrage à la taille. (La légende raconte qu’il était intact : pas un fil tiré. Une espèce en voie de disparition.)

Pourtant, les premiers bas nylon aussi étaient appréciés pour leur robustesse à toute épreuve. 

Qu’est-il arrivé aux collants de nos grand-mères ? Retraçons ensemble l’histoire du collant pour le comprendre.

Le collant au début du XXᵉ siècle

Le collant existe depuis toujours. Néanmoins, nous n’en avons pas toujours eu la même utilité. 

Au début du XXᵉ siècle, les femmes les portaient surtout pour rester bien au chaud. Puis, dans les années 20, les robes se sont (légèrement) raccourcies. Les dames se sont alors mises à porter des bas noirs pour couvrir leurs jambes dévoilées. 

À l’époque, elles s’habillaient de collants en soie ou en rayon, une fibre textile synthétique issue de la cellulose de bois. !

Ce n’est qu’en 1940 que le collant en nylon, tel que nous le connaissons, s’est invité dans notre garde-robe. 

Qui a inventé le collant en nylon ?

Paris, 1800

Le royaliste Pierre Samuel du Pont de Nemours a toujours la tête sur les épaules. 

Échappant de peu à la peine de mort, l’économiste et entrepreneur français s’exile avec sa famille aux États-Unis. Deux ans plus tard, il fonde une usine de poudre à canon à Wilmington, dans le Delaware.

L’entreprise évolue et devient l’une des plus grandes usines chimiques : la compagnie DuPont.

Wilmington (USA), 1935

Wallace Carothers, chercheur de Harvard et chimiste américain pour la compagnie DuPont découvre un peu par hasard, la fibre de nylon. Une matière plastique à la fois résistante et élastique. C’est la naissance des bas de soie synthétique.

Publicité pour les collants en nylon de la marque DUPONT

La commercialisation des premiers bas nylon

États-Unis, 1940

Les bas nylon sont commercialisés pour la première fois aux USA. La demande est telle que 4 millions de paires se vendent en 1 journée aux États-Unis. En 1 an, 64 millions de paires sont écoulées à travers le pays. 

Il faut dire que, comparé aux collants en coton ou en soie, le nylon était un textile à la fois bon marché et durable. 

Oui, oui, nous avons bien dit “durable”.

Synonyme de solidité et de qualité, les collants en nylon habillaient les jambes des femmes durant des mois. Sans une égratignure. (Difficile à imaginer, pas vrai ? 😩). S’ils se trouaient par mégarde, il fallait alors les remailler. Pas question de les jeter !

C’est également dans les années 40 que les premiers bas fantaisie (appelés “bas de rideau” en anglais) font leur apparition.

Au fil des années, différents styles de collants sont élaborés tels que les bas avec  empiècement en dentelles recouvrant le dessus du pied jusqu’à mi-mollet ou les collants attachés à des mules en satin à talons.

Photo de gauche : dans les années 40, une femme donne ses collants pour qu'ils servent à l'effort de guerre. Photo de droite : bas fantaisie des années 40

Wilmington, États-Unis, 1939 - 1945

Puis, la Seconde Guerre mondiale éclate. 

Les usines de fabrication sont réquisitionnées pour confectionner des parachutes, des pneus et des cordes d’avion... un peu moins sensuel, c’est vrai. 

La fibre de nylon se fait de plus en plus rare et les femmes sont invitées à faire don de leurs collants au nom de la patrie. 

Une nouvelle tendance se répand : les femmes se teignent les gambettes avec des sachets de thé ou de la chicorée et se dessinent de fausses coutures le long des jambes. (Il existe même un marché noir pour les bas couture !)

Face à la pénurie de bas nylon dans les années 40, les femmes se dessinent la ligne de couture des bas sur l'arrière des jambes.

Finalement, la guerre prend fin et la paire de bas fait son grand retour dans les garde-robes féminines. Mais plus tout à fait comme avant.

Le début de l’obsolescence programmée des collants

Le problème, c’est que le collant couture est très résistant. Un peu trop même. 

Dans les années 40, les ventes stagnent et bientôt mettent en péril l’entreprise. Une seule solution : diminuer la qualité du produit pour augmenter la fréquence d’achat. En l’occurrence, l’industrie décide de diminuer les additifs protégeant les bas des rayons Ultra Violets.

L’après-guerre, c’est aussi le moment où les collants et bas débarquent en Europe, notamment en France. 

Petit à petit, le choix s’élargit. Le bas devient ainsi un véritable accessoire de mode.

France, 1953 

Bernard Gilberstein fonde l’entreprise Bégy. 

Ça ne vous dit rien ?

Il s’agit de l’ancienne maison DIM.

Cet ancien résistant de la Seconde Guerre mondiale importe les premiers métiers à tisser depuis les États-Unis pour les installer dans son atelier de confection de bas nylon à Troyes.

Les premiers bas et collants sans coutures : une véritable révolution

Autriche, 1954

L’entreprise Wolford réussit l’exploit : elle crée le premier bas sans coutures apparentes. C’est également le début du bas autofixant, maintenu autour de la cuisse grâce à des cordons élastiques.

Si les collants sans couture ont été une véritable révolution pour les industriels, pour les consommateurs, c’était déjà le début de la fin. 

Laissez-nous vous expliquer : autrefois le tricotage des bas était un savant mélange de précision et d’application. Les finitions se faisaient à la main. Les bas nylon étaient tricotés à plat puis reliés par une couture, symbole de séduction et de féminité certes, mais surtout garantie d’un bas robuste et solide !

Désormais, les usines de bonneterie utilisent des machines à tricoter produisant un travail plus ou moins qualitatif selon si elles : 

  • tricotent en tube ou en forme de jambe ;
  • possèdent plus ou moins d’aiguilles ; 
  • tissent plus ou moins vite ;
  • varient d’aiguilles et de vitesse selon la partie de la jambe qu’elles tricotent ou les deniers du collant. 

Un collant de mauvaise qualité, c’est donc un collant : 

  • tricoté avec un fil de nylon de mauvaise qualité non doublé ; 
  • tissé rapidement en forme de tube, ceinture incluse ;
  • teinté dans une eau (contenant des métaux lourds) à 50° durant plusieurs heures ;
  • vendu ‘tel quel’, sans être apprêté.

La démocratisation du collant nylon

France, 1956 

Le fondateur de l’actuelle maison DIM importe les premiers métiers à tisser circulaire en France. Il dépose un brevet pour les “bas sans coutures” appelés Bas du dimanche

Une appellation qui n’a pas été choisie par hasard, puisqu’à l’époque, une grande partie des Français s’endimanchent toujours. Autrement dit, les gens continuent de revêtir leurs plus belles toilettes le dimanche.

Le succès est tel que Le Bas du Dimanche devient le nouveau nom de la marque. Le nom sera finalement raccourci à “DIM” en 1964. 

États-Unis, 1959

Aux USA, Allan Gant commercialise la première vraie paire de collants autrefois réservée à la danse et au cinéma. Appelés Panti-legs, ils sont fabriqués industriellement par la Glen Reven Company. 

Photo de gauche : publicité pour les premiers collants par la marque Glen Reven Company Photo de droite : Audrey Hepburn assise lors d'un tournage et portant des collants fantaisie

Angleterre, 1960

Les années 60 marquent un tournant dans l’histoire du collant. La couturière et créatrice de mode anglaise Mary Quant invente la mini-jupe. Les jambes des femmes n’ont jamais été autant découvertes : le collant devient un accessoire de lingerie indispensable. 

Popularisée en grande partie par la mannequin Twiggy, la tendance de l’époque consiste à assortir sa jupe à des collants colorés

Parallèlement, en France, la marque DIM démocratise les bas sans coutures “de masse” censés “simplifier la vie des femmes”. Rapidement, les femmes abandonnent les bas pour n’acheter plus que des collants, toujours plus colorés et fantaisie. 

Photo de gauche : Marie Quant, créatrice de la mini-jupe portant des collants Photo de droite : publicité rétro pour des collants fantaisie avec Twiggy
 

France, 1964 

Gérard Fortier commercialise le premier collant Mitoufle.

Il s’agit d’une évolution moins glamour des bas jarretières : les bas sont raccordés à une culotte élastique. On les appelait aussi les “bas-slip”.

Publicités rétro pour les collants Mitoufle

1965 

Le collant est à son apogée. C’est aussi le début des articles de mauvaise qualité, vendus au rabais.

Publicités pour les collants français DIM

France, 1967

DIM lance les collants Tels Quels. Comme son nom l’indique, ils sont vendus tels quels, en boule et froissés dans une petite boîte en carton. “10 pour 10 francs”, en voilà une bonne affaire.

En fait, la marque a éliminé une étape lors du processus de fabrication de ses collants : l’apprêtage. Normalement, en fin de fabrication, un collant est tendu et chauffé pour lui donner sa forme finale. C’est un peu comme du repassage. (Une étape inexistante chez la majorité des grandes marques vendues en France aujourd’hui et synonyme de piètre qualité…)

États-Unis, 1970

Les années 70 sont marquées par la mode punk qui apparaît d’abord aux États-Unis. Puis, au milieu des années 70, ce mouvement musical est exporté en Angleterre où il explose, notamment grâce au groupe The Sex Pistols. 

La mode punk, elle, est incarnée par Vivienne Westwood. Après sa rencontre avec le manager des Sex Pistols, la styliste dessine ses premiers vêtements en y ajoutant des lames de rasoir, des épingles à nourrice ou encore du cuir. 

 À cette époque, le collant résille, déchiré et troué est à la mode.

1980

On incorpore le Lycra dans les collants à motifs. C’est notamment l’apparition du collant fantaisie ou encore du collant plumetis (collants brodés minutieusement de petits pois).

 Les collants recyclés et consignés fantaisie et le chouchous en collants upcyclé par Atelier Unes

1990

Le collant n’est plus seulement un article de mode, c’est un textile sculptant qui promet de sublimer les courbes des femmes.

2000 

Ces 20 dernières années, une nouvelle technologie a vu le jour : la cosmétotextile. Kesako ? 🧐 Il s’agit de fusionner nos connaissances scientifiques avec l’habillement, donnant naissance à des textiles dit intelligents

Par exemple, grâce à la microencapsulation, les industriels intègrent à la fibre textile des actifs aux propriétés tantôt hydratantes, amincissantes, drainantes, sculptantes, raffermissantes, anti-odeur, anti-cellulite ou encore anti-fatigue. 

Bref, une lingerie révolutionnaire plutôt portée sur le culte de la minceur. 

L’avenir du collant

Aujourd’hui, le collant n’a jamais été aussi délicat. Fragilisé par l’appât du gain, il désespère plus qu’il ne déchaine les foules. (Ne parlons pas de leur impact environnemental.)

Pourtant, avec un peu de bonne volonté et les bons partenaires, il est encore possible de fabriquer des collants dignes de ce nom. C’est en tout ce cas ce que nous nous efforçons de faire avec nos Collants Recyclés et Consignés.

Co-créés avec 20 000 d’entre vous, notre collant noir uni semi-opaque est tissé à partir de nylon recyclé en fibre Q-Nova. Effet seconde peau garantie grâce à sa maille toute douce. Pour lutter contre l’obsolescence programmée, nous avons opté pour :

  • une ceinture élastique et extensible ;
  • un gousset à l’entre-jambe ;
  • des renforts aux pieds. 

À porter sans modération avec une petite robe noire !

Photo de gauche : femme tirant un collant recyclé et consigné Atelier Unes d'un paquet Photo de droite : femme enfilant un collant chevron

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