Econyl® : la fibre de nylon recyclée et recycable à l'infini

« Quand je vois une décharge, je vois une mine d'or. » Giulio Bonazzi, CEO d’Aquafil. L’Econyl® est une alternative éco-responsable aux fibres synthétiques polluantes. Cette matière artificielle est fabriquée majoritairement à partir de "filets fantômes" repêchés dans les océans. Véritable bijou d'innovation : il s’agit d’une fibre régénérée, recyclée et recyclable à l’infini.

Aquafil : premier fabricant de nylon 6 depuis 1969

Fondée en 1965, Aquafil est une entreprise italienne spécialisée dans la fabrication de fibre nylon 6.

Ce n’est pas la première fois que nous évoquons la fibre de nylon par ici. En effet, nous avons déjà abordé le sujet en détail dans notre dossier consacré au Q-NOVA®, une autre fibre artificielle recyclée. (Nos collants Songe, recyclés et consignés sont d'ailleurs de nouveau en stock !)

Pour faire court et concis, le nylon est une matière chimique synthétique, dérivée du pétrole. Élastique, cette fibre résistante compose la majorité des vêtements de sport et des maillots de bain. Comme vous vous en doutez, ces qualités techniques ne sont pas sans conséquences. En contrepartie, la production de polyamide coûte (très) cher à la planète ainsi qu’aux écosystèmes marins :

  • pollution de l’air ; 
  • surconsommation d’eau ;
  • libération de microplastiques dangereux pour les animaux aquatiques.

En bref, Aquafil s'est lancé le défi de réinventer un système de production plus durable.

Mais par où commencer ?

"Lors de la planification d'un voyage (...) il est important de comprendre votre point de départ." - Aquafil

Après analyse du cycle de vie de leurs produits, l’entreprise fait le constat suivant : la phase d’extraction de la matière première est l’étape la plus impactante de tout le processus de fabrication. 

D’autant qu’une fois extraite, les huiles doivent encore être transformées. Puis, vient la production de caprolactame (un mot savant faisant référence à un polymère synthétique inhérent à la fabrication de nylon 6.)

En d’autres termes : par quel procédé magique pourrait-on supprimer ou du moins améliorer ses trois étapes ? 

La réponse, les chercheurs de l’entreprise Aquafil l’ont trouvé au fond de nos océans.

Atelier Unes - Déchets plastiques sur une plage

Les déchets plastiques : naissance du septième continent

D’ici 2050, nos petits-enfants iront à la pêche aux filets fantômes. En effet, si rien n'est fait, la production annuelle des déchets plastiques pourrait encore augmenter de 41 % d'ici 2030. C'est en tout cas ce qu'affirme l'ONG WWF. Bientôt, il y a aura plus de polymères que de poissons dans l’eau. 

À ce propos, avez-vous déjà entendu parler du Septième Continent ? Malheureusement il ne s’agit pas de la dernière destination en vogue. 

Cette décharge flottante trois fois plus grande que la France, est située au cœur de l’Océan Pacifique. D’après le dernier rapport de WWF, l’océan regorgerait de 150 millions de tonnes de plastiques. À tel point que la question du plastique dans les océans fait partie des 6 urgences environnementales les plus préoccupantes du programme des Nations Unies.

10 % de ces déchets polluants sont des “filets fantômes”, représentant 46 % des plastiques flottants. Chaque bateau rejetterait jusqu’à 30 kilomètres de filet de pêche à chacun de ses voyages. 

Et ils ne se contentent pas seulement de voguer au gré du vent (parfois pendant plus de 500 ans). 

L’Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO) estime que ces filets étranglent ou étouffent jusqu’à 100 000 animaux marins par an.

Alors finalement, ne serait-il pas plus judicieux de donner une seconde vie à tous ces détritus ? C’est en tout cas l’ingénieuse idée qu’a eu Aquafil. 

Atelier Unes - Schéma de fabrication de l'Econyl®

Source : Comment Aquafil ferme la boucle grâce à l’Econyl® ?

 

Atelier Unes - Filet de pêche échoué sur la plage

Le processus de fabrication du fil Econyl®

Le processus de régénération de la fibre de nylon usagé en fil Econyl® (marque déposée) s’articule autour de 4 grandes étapes :

1. La sauvegarde 

L’entreprise italienne récupère partout à travers le monde les déchets pré et post consommation tels que les filets de pêche abandonnés, les chutes de tissu, les revêtements de sol (moquettes), les plastiques industriels, etc. Ils sont envoyés à l’usine Econyl® située en Slovénie où ils sont triés et nettoyés afin d’en extraire un maximum de nylon usagé.

2. La régénération (ou dépolymérisation)

Grâce à plusieurs millions d’euros et 4 ans de recherches, Aquafil a mis au point une technologie innovante permettant de redonner au fil de nylon usagé sa forme originelle. Régénérés, les « filets fantômes » redeviennent aussi purs qu’un fil de nylon vierge. 

Incroyable, non ?

3. La re-confection (ou polymérisation)

La fibre usagée redevenue pure réintègre le même processus de fabrication du polyamide vierge. Les déchets plastiques océaniques sont transformés en fil pour textile et fil pour tapis.

4. La re-commercialisation

Entièrement revalorisé, le fil Econyl® part vers de nouveaux horizons où il servira notamment à la confection de vêtements plus responsables (comme notre futur maillot de bain une pièce, on attend encore vos avis et suggestions).

Le plus beau dans tout ça, c’est qu’en fin de vie, ces nouvelles fibres responsables pourront être à nouveau régénérées et ce, à l’infini. Le processus de fabrication du fil Econyl® entre dans une dynamique circulaire, qui plus est zéro déchet. Le cercle est vertueux. La boucle est bouclée comme dirait l’autre. 

Atelier Unes - Focus sur un filet de pêche

La fibre Econyl® en quelques chiffres 

  • 510 tonnes, c’est le nombre de déchets collectés depuis 2013 par Healthy Sea co-fondée par Aquafil, Ghost Diving et Star Shock. 170 plongeurs bénévoles se sont engagés auprès de l’association pour nettoyer les océans ;
  • 224 tonnes de déchets plastiques ont été récupérés sur les côtes des Philippines et du Cameroun grâce à l’initiative Net-Works dont le fournisseur d’Econyl® est partenaire ;
  • 10 000 tonnes de matière première Econyl® permettent d’économiser 70 000 barils de pétrole brut et l’équivalent de 65 100 tonnes d’émission de CO₂ ;
  • Le fil Econyl® génère jusqu’à 90 % en moins d’impact sur le réchauffement climatique par rapport à un fil de polyamide 6 classique.

Malgré tout, aussi brillante soit la technologie Econyl®, le fabricant italien ne peut malheureusement rien contre le rejet des microparticules lors des passages en machine. Pour remédier à ce fléau, il ne reste encore qu’une solution : le guppy friend les amis ! 

 

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